Vincent fait le point sur son parcours. Il a été un des seuls élèves et étudiants à m’avoir eu comme professeur pendant 5 ans sans redoubler au lycée AGORA à Puteaux (92) où j’enseignais avant d’arriver à St Ouen l’Aumône.

Roselyne Henri

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Passionné de modélisme ferroviaire depuis l’enfance et désirant être le plus réaliste possible, je me suis intéressé à l’électronique pour effectuer des automatismes. Ces premiers pas technologiques m’ont donné envie d’en découvrir plus et lors d’une visite du lycée technique « Agora » de Puteaux, j’ai vite compris que mon futur devait passer par une filière Electronique.

 J’ai donc rejoint ce lycée de 1992 à 1997 pour y effectuer un BAC puis un BTS Electronique. Ce furent des années très plaisantes durant lesquelles j’ai pu enrichir grandement mes connaissances de l’électronique et mettre un pas dans deux domaines qui à l’époque m’effrayaient : le numérique et l’informatique.

En effet, si l’électronique était pour moi synonyme de logique et de composants physiques, l’informatique et la virtualisation étaient vraiment obscures à mes yeux. Heureusement pour moi, je m’y suis fait par la suite…

L’environnement d’apprentissage était satisfaisant et les travaux pratiques permettaient de manipuler des outils onéreux qu’on ne pouvait avoir dans nos domiciles et rendaient ainsi nos cours encore plus magiques.

 En 1998, le BTS en poche, je ne savais cependant pas vraiment quelle direction prendre et j’ai donc décidé d’effectuer mon service militaire. Faisant partie des derniers appelés, j’ai tout de même eu la chance de pouvoir exercer au « 8éme Régiment de Transmissions » situés au Mont Valérien de Suresnes et surtout de rester dans la technique en étant affecté au service téléphonie pour lequel j’ai réparé des cartes électroniques de téléphone, tiré des câbles, brassé des centraux téléphoniques…

Ce fut donc en quelque sorte une bonne transition qui permettait de mettre en application mes connaissances et en même temps de mettre le pied dans une activité professionnelle.

 A l’issue de l’année 1998, je me suis décidé à chercher un travail car je voulais dès à présent acquérir des connaissances sur le terrain. Pari qui pouvait être risqué mais finalement, durant le mois de janvier 1999, j’ai eu l’occasion de déposer mon CV dans une jeune entreprise nommée « TPS La Télévision Par Satellite », filiale de « TF1 » et « M6 » notamment, et dont l’activité était la diffusion de télévision numérique payante par liaison satellite.

Motivé, intéressé par la high-tech et les médias, j’ai eu la chance d’être retenu et en février 1999, je devenais « Technicien Supérieur de Maintenance Audiovisuelle » au sein d’une équipe de 3 personnes. C’est le début de mon aventure dans la télévision…

 Les premiers mois n’ont pas forcément été évident car il a fallu à la fois s’adapter au monde du travail avec des responsabilités autres que celles connues pendant les stages ou le service militaire, et en même temps, apprendre une nouvelle technologie que peu de gens maitrisaient à l’époque. Et l’opportunité était là : la télévision numérique a débutée en 1996, dès lors, même en tant que jeune technicien, l’écart de connaissance dans ce domaine particulier n’était pas insurmontable. L’acharnement, la curiosité et la logique acquise durant le lycée m’ont permis de m’en sortir de façon plutôt positive puisqu’en 2000, il m’a été proposé de basculer dans l’équipe d’Ingénierie Audiovisuelle pour m’occuper de la pérennité d’une plateforme de tests, réplique miniature des équipements de diffusion et dont le but était de valider les équipements ou versions logicielles avant une mise en production.

Durant cette mission, j’ai également eu la chance de participer à plusieurs expérimentations grandeurs natures telles que par exemple la diffusion d’un multiplexe TNT sur Paris.

En 2002, l’activité s’agrandissant, je me suis vu confier la gestion d’un technicien devenant ainsi manager pour la première fois.  Ma mission s’étendait alors à piloter notre principal fournisseur d’équipements de diffusion et de valider les architectures, les équipements et autres versions logicielles constamment en évolution.

J’ai également participé à une aventure technologique prometteuse : la diffusion de télévision numérique sur une ligne téléphonique ! Des tests ont été menés, et lorsque le projet fut lancé, j’ai eu la charge de réaliser le design de la tête de réseau de diffusion pour lancer le premier bouquet en France dès 2003 : « TPSL » vu le jour à Lyon sur le réseau de « France Télécom ». J’ai dû après adapter le système pour l’extension des fournisseurs d’accès internet puisque Neuf Télécom, Club Internet et Alice furent intéressés avec chacun des particularités.

En 2004, suite à des ajustements de l’organisation interne et ayant eu une bonne première expérience avec le technicien de labo, j’ai eu la chance de voir mon périmètre à nouveau s’étendre avec l’équipe de mes débuts : la maintenance. L’équipe comptabilisait alors au total 6 personnes. Désormais, ma mission était de penser aux architectures de diffusion, d’en assurer l’installation physique et logicielle puis de maintenir le système opérationnel en support de l’exploitation 24h/24 7j/7.

Il me restait tout de même un peu de temps pour continuer la veille technologique et participer à des concepts en avance de phase : ainsi, nous avons diffusé sur Paris des chaines à destination de téléphone mobile à l’heure où le Smartphone n’était même pas encore dans la tête des industriels…

Ce fut néanmoins un projet sans lendemain car le coût de déploiement était énorme et quelques années plus tard, les débits 3G et les nouveaux équipements téléphoniques ont fini d’enterrer le projet.

Alors que la haute définition était devenu notre nouveau fer de lance en étant les premiers à diffuser en exclusivité la coupe du monde de football 2006 avec une qualité d’image et de son impressionnante, l’annonce du rapprochement Canal+ / TPS amena des questions sur l’avenir.

Néanmoins, en 2007, j’ai intégré chez Canal+ une nouvelle équipe « Expertise et nouvelles technologies » dont le but était d’être indépendant des problèmes de production pour se consacrer à l’innovation et au suivi des futures normes.

Ma première mission a été de déménager l’ensemble des installations de diffusion TPS dans les locaux de Canal+ afin de continuer à alimenter les abonnés tout en mutualisant le personnel et les salles techniques.

Ensuite, j’ai eu l’occasion de mener d’autres pistes technologiques comme des tests de télévision mobiles dans un véhicule en partenariat avec « PSA Peugeot Citroën » et en 2008, j’ai pu construire la nouvelle tête de réseau TNT du groupe Canal+ qui a permis à la chaine d’être la première à diffuser en haute définition sur le terrestre à l’occasion des JO de Pékin le 08/08/08.

L’année suivante, je retrouvais la responsabilité d’une équipe de 4 personnes en m’occupant de l’activité d’ingénierie audiovisuelle Live qui a pour but de concevoir les systèmes de diffusion du groupe Canal+ pour la métropole et les DOM-TOM (4 fuseaux horaires différents) et sur toutes les technologies de transmission (satellite, ADSL, TNT, Web, 3G…).

Ces technologies avançant sans cesse, c’est un métier où il faut de l’adaptation, de la rigueur et un bon bagage technique évidemment. Mon apprentissage de l’électronique, par rapport aux personnes n’ayant exercées que dans le domaine informatique, est de comprendre les briques fonctionnelles plus aisément du fait du découpage autrefois physique des composants. C’est une grande force pour le design des architectures.

Je suis donc tout à fait content de la filière électronique suivie au lycée qui m’a amené des bases solides, la gymnastique de l’esprit qui me sert encore au quotidien et que je n’aurai pas forcément réussi à acquérir seul en filière générale. Le seul handicap qui a peut-être été amélioré depuis 20 ans était la faiblesse de l’enseignement de la langue Anglaise, utilisée en quasi exclusivité dans nos domaines de pointe y compris par les industriels français…

Une chose importante aussi à avoir en tête : il faut non seulement maitriser son domaine technique pour être reconnu mais aussi savoir échanger, être ouvert d’esprit, accepter la critique et se remettre sans cesse en question.

Vincent WEL

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